Faire une bonne exposition – Partie 1 : L’infodumping et les tropes

L’exposition consiste à donner des informations au lectorat sur l’univers d’une histoire. Si ces détails sont pertinents, intéressants, et écrits de façon agréable, le monde sera passionnant aux yeux des personnes qui vous lisent.

Cependant, il est parfois difficile de savoir doser la quantité d’informations et les moyens par lesquels la transmettre.

Quand les informations sont données de façon monotone ou maladroite, on tombe alors dans l’infodumping, qu’il faut essayer d’éviter le plus possible.

Nous allons donc voir une liste non exhaustive de maladresses ou de tropes à utiliser avec modération pour ne pas tomber dans l’infodumping.

Les personnages

Mr. Exposition : c’est un personnage qui n’est créé que dans le but de donner des informations sur votre monde.

The Watson : ce personnage sert à poser les mêmes questions que pourrait avoir l’audience sur votre univers. Si votre personnage se retrouve dans un monde qu’il ne connaît pas ou qu’il a perdu la mémoire, c’est tout à fait légitime qu’il se pose des questions au départ. Cependant, ce procédé est à utiliser avec modération pour éviter de ne caractériser votre personnage que par ce trait ou d’en faire un Mr. Exposition.

Amnesiac Hero : ce sont des personnages très pratiques en littérature de l’imaginaire pour expliquer comment fonctionne le monde l’air de rien, mais ils ont été tellement utilisés que certaines personnes le considèrent comme un cliché. Faites donc attention à ne pas rendre un personnage amnésique uniquement pour délivrer des informations sur votre univers plus facilement.

Dans la même lignée, faire « oublier » une information ou des éléments à l’un de vos personnages uniquement pour faire de l’exposition est aussi à éviter.

Les dialogues

Expospeak : lors d’une conversation, si vos personnages expliquent quelque chose qui est censé être évident pour eux, alors vous faites de l’exospeak. Par exemple : « C’est fou comme la vie est plus simple depuis que la téléportation a été inventée en 2068 ! » est une réplique qui sonne faux. Dans la même veine, expliquer ses superpouvoirs à un adversaire ou dévoiler son plan censé être secret à voix haute sont des procédés à éviter.

« As you know… » : ou « comme tu le sais… » en français est le procédé à éviter le plus possible. C’est le frère jumeau maléfique de l’expospeak. Votre lectorat comprend tout de suite qu’il va y avoir des informations données de manière très maladroite. Si un personnage sait justement des informations, il n’y a généralement aucun intérêt à lui rappeler.

Trauma Conga Line : c’est lorsque le personnage explique les raisons de son comportement dans un long monologue où il revient sur ses traumatismes. Encore une fois, il vaut mieux distiller les informations dans plusieurs dialogues ou scènes, plutôt qu’un de vos protagonistes récite sa fiche personnage en une seule fois. En parlant de fiche personnage, demandez-vous si c’est vraiment nécessaire que vous mettiez toute la fiche dans votre roman.

Éléments narratifs

Lecture as Exposition : c’est lorsque des informations sur le monde sont données à travers un cours ou un professeur. C’est une technique qui peut passer, mais qui peut aussi très vite devenir maladroite si le professeur rappelle des choses évidentes de l’histoire du monde.

Expositron 9000 : il désigne le moment où personnage trouve un ordinateur (ou une IA si nous sommes dans de la SF) qui lui donnera des informations sur le monde, sur une enquête ou encore sur un autre personnage. Même si c’est drôlement pratique, trouver des informations aussi facilement est généralement peu crédible.

Description in the Mirror : les personnages se voient dans un reflet ou un miroir et sont pris d’une irrésistible envie de se décrire. Beaucoup de personnes considère ce trope comme un cliché tant il a été utilisé.

Conclusion

Évidemment, les cas pris en exemple dans la publication ne sont pas à bannir absolument sous peine d’être arrêté par la police des clichés ! Parfois c’est ce qui collera peut-être le mieux à votre scène. Certains exemples peuvent même être subvertis ou bien tournés en dérision pour apporter une touche d’humour. Tout est question de savoir doser et donner une courbe d’apprentissage agréable aux lecteurices.

Et si malgré tout vous n’arrivez pas à y échapper, ne vous inquiétez pas ! Même dans les livres publiés en maison d’édition, je vois encore beaucoup d’infodumping. Cela peut me poser des problèmes d’immersion, me faire sauter des passages ou me faire un peu lever les yeux au ciel si les ficelles sont très grosses, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier grandement certains de ces romans !

Il y a énormément de tropes en matière d’exposition, comme le Haunted House Historian, le Combat Commentator ou même les flashbacks, donc n’hésitez pas à consulter les pages Information Desk ou Exposition de TV Tropes si vous voulez avoir une liste bien garnie !

Dans le prochain article, nous aborderons les façons les plus efficaces de délivrer des informations lors des scènes d’exposition, tandis que dans la troisième partie, nous nous pencherons sur les courbes d’apprentissage.

5 commentaires sur « Faire une bonne exposition – Partie 1 : L’infodumping et les tropes »

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